
Histoire culturelle du système livre au Québec
Subvention FQRSC (Québec), 2011-2015.
Co-chercheurs: Pierre Hébert (chercheur principal, U. de Sherbrooke), Pascal Brissette (U. McGill), Patricia Godbout (U. de Sherbrooke), Marcel Lajeunesse (U. de Montréal), Éric Leroux (U. de Montréal), Marie-Pier Luneau (U. de Sherbrooke), Jacques Michon (U. de Sherbrooke), Suzanne Pouliot (U. de Sherbrooke), Josée Vincent (U. de Sherbrooke)
Au XIXe siècle, nombreux sont les bourgeois, les religieux qui se sont fait peindre tenant un livre à la main. Ces postures étudiées, signes de l’importance du livre dans la culture, conduisent à distinguer et à théoriser deux ordres d’existence du livre : le livre réel, socialisé, et le livre fictif, représenté dans une forme d’art particulière, peinture, littérature, cinéma, par exemple. Or le projet que nous proposons ici vise précisément à étudier le second ordre, le « système-livre fictionnel au Québec : 1837-1980 », c’est-à-dire, dans la fiction (romans et nouvelles), l’analyse de la chaîne de ses agents, individuels ou collectifs, de même que leurs liens.
André Belleau, pionnier dans ce type de recherches avec son ouvrage sur le romancier fictif (1980), avait déjà proposé que « l’on remplaçât l’étude d’un personnage-écrivain par celles des diverses figures et modalités d’une écriture. » Il est vrai que le corpus romanesque a été peu ou prou analysé sous l’angle englobant du système du livre fictionnel, de ses agents, donc, tels l’éditeur, le libraire, etc.; ce projet est le premier à viser la description de ce système, et non un seul de ses objets (tel l’écrivain fictif).
Eu égard à l’ampleur du corpus traité et des perspectives requises en sociocritique et sociologie de la littérature, le projet réunit cinq experts de ces disciplines provenant de deux groupes de recherche qui ont fait leurs preuves dans ces deux domaines : le Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec (GRÉLQ) et le Groupe de recherche sur les médiations littéraires et les institutions (GREMLIN).
En définitive, une telle recherche entend faire avancer l’histoire du livre par l’étude descriptive, historique et interprétative de son système-livre fictionnel. À l’histoire empirique du livre au Québec, déjà bien connue, nous voulons ajouter celle de ses représentations, pièce manquante pour saisir le savoir que la littérature construit sur elle-même et sur sa fonction sociale. En effet, ces recherches permettront de montrer comment le livre se pense lui-même, dans le roman et la nouvelle, quels pouvoirs ou dangers il s’attribue, à quels personnages il s’attache, quels non-dits accompagnent cette autoréflexivité. Il n’y a eu jusqu’à présent aucune étude systématique de cet imaginaire littéraire du système-livre, au Québec. Au terme de cette entreprise, nous comptons avoir édifié la base pour une saisie, plus vaste et ultérieure, du rôle du livre dans l’histoire culturelle du Québec.
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